Les conseils de Robert Muchamore pour devenir écrivain

Tu veux écrire comme Robert ? Simple ! Il t’explique toutes les étapes pour que ton livre soit un succès.

On me demande toujours des conseils pour écrire donc voici de quoi nourrir votre réflexion avec 20 bonnes tranches de ma sagesse littéraire, à base de vitamines et de gelée de moelle osseuse !

1. Où trouver ses idées ?

Les auteurs ne «trouvent» pas les idées, les idées ne surgissent pas d’un coup de l’esprit pour vous botter les fesses les dimanches après-midis où il fait beau. Les idées ont besoin d’être développées. Prenez comme moi un plateau ou une boite à chaussures et remplissez-la de tout ce qui vous tombe sous la main et peut être intéressant : vos gribouillis, des articles de journaux, des notes lorsque vous regardez un DVD, un documentaire à la télé etc… Mettez tout ce que vous trouvez intéressant dans cette boite, c’est la base pour développer ses idées.

2. Comment développer ses idées ?

Les auteurs débutants pensent généralement que la «recherche» pour bien coller à la réalité est le côté ennuyeux de l’écriture. Pour ma part c’est ce qui permet de reprendre les idées en vrac et de les transformer en quelque chose de valable en terme de récit. Par exemple si vous avez une idée d’histoire avec un terroriste russe ou une romance sous l’époque Victorienne, avant de vous lancer dans le développement de votre intrigue ou de travailler dans le détail, immergez-vous dans le sujet. Lisez les meilleurs romans du genre, lisez des biographies de personnages qui collent à l’environnement sur lequel vous vous penchez, regardez des films. Si ça se situe dans le passé lisez des livres d’Histoire, visitez des musées ou des endroits qui correspondent à votre cadre. Prenez des notes pendant tout ce processus et à la fin vous vous retrouverez certainement avec trop d’idées d’intrigues à développer que pas assez !

3. Toujours avoir un plan!

Quand on a besoin de lait, on prend ses clés, de l’argent et 10 secondes plus tard on sort de chez soi. Mais si on part pour un tour du monde de 6 mois ça demande bien plus de réflexion et de préparation. Ecrire un roman c’est un peu comme faire ce voyage de 6 mois. Commencer à écrire sans plan c’est s’exposer à une poubelle pleine de papier à recycler, de sacrés migraines et se retrouver à passer plus de temps à retravailler votre histoire pour la rendre compréhensible qu’à l’avoir planifiée et rédigée correctement en premier lieu.

4. Structure de l’histoire (et pourquoi on n’a plus rien à raconter après 25 pages)

Quand on lit un bon bouquin c’est l’histoire qui vous captive. On ne réfléchit pas à comment tout cela s’échafaude mais si vous voulez écrire un livre vous devez relever vos manches, commencer à faire chauffer vos neurones et à étudier comment les histoires fonctionnent. La bonne méthode pour cela est de ressortir de votre bibliothèque les 2/3 romans que vous préférez, de les relire et après chaque chapitre de résumer en quelques lignes ce qu’il s’est passé et comment les personnages et l’intrigue ont évolué. Quand vous aurez fait cela vous aurez une meilleure compréhension de comment un bouquin se tient. Vous éviterez ainsi le problème classique de l’écrivain débutant qui a une bonne idée mais qui n’a plus rien à écrire sur cette idée au bout de 35 pages.

5.  Comment faire un plan de chapitre

Une fois que j’ai en gros une idée d’intrigue et de son développement dans le roman, je passe au plan des chapitres. Je travaille généralement en écrivant plein de notes sur des post-its que je ré-assemble. Le plan de chapitre terminé s’articule autour de ces petites notes et l’ensemble prend généralement plus de 7 pages pour être retranscrit. Je passe entre 6 et 10 jours à jeter les idées sur le papier, développer les personnages puis ré-ordonner toutes ces petites notes.

6.  Pas de chapitre gonflant

Une fois j’ai rencontré quelqu’un qui me sort «j’écris un livre, les premiers chapitres sont un peu lents mais une fois qu’on se met dans la peau des personnages ça devient vraiment intéressant » . Le problème est que si votre livre débute en étant inintéressant, personne ne va le continuer. Chaque page compte. Dans un monde idéal on doit pouvoir prendre n’importe quel chapitre du livre et l’apprécier autant que l’on pourrait apprécier une histoire à part en soi. En réalité c’est presque impossible à faire mais si vous écrivez 5 longs chapitres pour décrire chaque détail de la construction de poulets-robots ou passez 10 pages à égrainer la généalogie d’une famille sur 6 générations et comment elle a fini dans un trou paumé, il faut vraiment y remédier…

7. Les choses sont plus intéressantes si elles se passent au bon moment

Quand vous planifiez votre histoire, pensez à comment vous racontez les choses et quand vous révélez certains faits. Par exemple raconter dès la première page qu’un personnage a une soeur jumelle n’a aucun intérêt mais ça crée une grosse sensation si vous le révélez à l’enterrement de sa mère à la fin du chapitre 39.

8. Combien de pages doit faire mon livre ?

La taille de la police, de la largeur du document et le choix de l’interligne ont un gros impact sur le nombre de pages c’est pourquoi le monde de l’édition utilise le mot comme unité et tout logiciel de traitement de texte a une fonction pour les dénombrer. Si vous voulez vraiment vous faire publiez vérifiez la longueur moyenne du genre de livres que vous voulez écrire. Comptez le nombre de mots sur 4 pages et multipliez le par le nombre total de pages. Déduisez-en 10% pour les titres, les fins de chapitres etc.

9. Est-ce que j’écris bien ?

Le truc le plus dur pour devenir un écrivain est qu’il n’y a pas d’examen pour savoir si l’on est bon ou pas. Vous pouvez faire lire la même page à 2 groupes de lecteurs différents : l’un dira que c’est génial, l’autre que c’est naze. Et vous savez quoi ? Aucun des 2 n’aura tort !

10. Chaque mot doit compter

C’est vraiment important que chaque mot compte dans votre histoire. Si un homme monte dans une voiture vous n’avez pas besoin de dire «il monte dans la voiture, il attache sa ceinture, il met la clé sur le contact, il ferme sa porte puis il démarre la voiture»… Tout le monde se moque de ces détails sans intérêt. Tout ce qu’il faut c’est utiliser suffisamment de mots pour donner une impression de ce qui se passe donc on peut très bien dire «l’homme monte dans la voiture et s’en va» mais on peut aussi intégrer un petit détail qui va créer une atmosphère du genre «sa veste crissa contre le cuir du siège au moment de boucler sa ceinture»…

11. Eviter les clichés

On tombe tous sur des bons vieux clichés de temps en temps mais il n’y a rien de pire que d’utiliser son personnage principal pour le faire «dormir comme une souche, se lever au chant du coq, prendre le taureau par les cornes, vivre une journée sans fin et arracher la victoire de la gueule du Mal»… Les clichés sont juste des vieux trucs pour les écrivains fainéants et je les fuis personnellement comme la peste.

12. Créer des tensions entre tous vos personnages

C’est vraiment important de créer des tensions entre tous vos personnages et pas seulement entre les gentils et les méchants. Dans CHERUB les 2 personnages principaux – James et Lauren – sont frère et soeur et s’adorent mais il se vannent et s’énervent aussi. James n’est pas à l’aise avec son meilleur pote qui est gay, Kerry et Bruce sont dans une grande rivalité, Lauren déteste Parker … Une histoire est vraiment ennuyeuse si tous les « gentils » personnages s’entendent bien et passent leur temps à se dire «oh trop bien joué ta mission Kerry ! Allons prendre le thé et manger des gateaux !»

13. Trouver des manières intelligentes pour expliquer des choses compliquées

Avoir une intrigue compliquée n’est pas une mauvaise chose mais si toutes les explications sont révélées en un seul jet ce sera aussi excitant que de lire un exercice de maths. Essayez de penser aux manières les plus intéressantes de révéler ces explications par exemple en commençant par la fin ou en utilisant des flashbacks ou encore en faisant une révélation après une scène d’action où tout le monde s’est fait exploser…

14. Plus c’est gros moins c’est forcément bien

J’aime bien aller au ciné et voir des scènes d’actions incroyables où des OVNIS détruisent New York mais les livres sont vraiment différents des films. Dans les livres il vaut mieux se concentrer sur les personnages et la création de suspense. Les grosses scènes d’action n’ont pas le même impact que sur l’écran.

15. La page blanche

Comme n’importe quel écrivain parfois je suis bloqué, généralement quand je n’arrive pas à retranscrire une scène telle que je l’imaginais. Mon conseil est de faire une pause, d’aller promener le chien, prendre un bain ou faire des choses indécentes avec votre copine et de la nourriture. Si ça ne suffit pas vous pouvez toujours passer à autre chose et y revenir plus tard ou si c’est un problème plus fondamental reprenez votre plan de chapitres pour voir si vous pouvez zapper ce qui vous bloque.

16. Relecture

Quand mon filleul avait 8 ans je lui ai expliqué que je relisais un de mes livres et il m’avait dit «Je n’ai jamais besoin de relire mes histoires, je les écris bien du premier coup»… si seulement c’était vrai ! Une des méthodes les plus vielles de relecture est toujours une des meilleures selon moi : écrivez votre histoire, imprimez-la, mettez-la dans une enveloppe et laissez-la dans un coin entre 1 et 6 mois. Quand vous relirez votre histoire après cette «pause» vous hallucinerez en relevant les coquilles et erreurs que vous y avez faites.

17. Votre livre est tellement mauvais que même votre poubelle n’en voudrait pas

Si vous passez un mois à bosser sur quelque chose et que vous finissez par le détester, ne pensez pas que vous avez perdu votre mois. C’est comme dire qu’on a perdu son temps en ne gagnant pas le Grand-Prix de Monaco après sa première leçon de conduite. Ecrire un bouquin est une compétence, la plupart des gens font plusieurs essais avant d’y arriver ou de faire la moitié du chemin pour y arriver. J’ai du essayer écrire 30 romans d’avant d’arriver à écrire et boucler 100 jours en enfer et de me faire publier !

18.Expérimentez

Quand j’avais 16 ans j’étais persuadé que je serai cette grosse pointure du monde littéraire qui aurait gagné le Goncourt*, porterait des vestes en tweed et ferait des interviews sur France Culture*. J’ai passé des centaines d’heures à essayer d’écrire ce type de romans et c’était toujours mauvais mais quand j’ai commencé à écrire des livres pour les enfants ça a tout changé. Donc mon conseil est de ne pas désespérer, essayez d’écrire de plein de manières différentes jusqu’à ce que vous trouviez ce qui vous semble être pour vous.

19. Trouvez un(e) ami(e)

Si vous pouvez trouver un(e) ami(e) qui aime lire ce que vous écrivez et critique honnêtement votre travail, vous avez bien de la chance ! C’est triste mais les gens proches de vous ne feront pas de vraies critiques pour ne pas vous blesser ou se fâcher. Donc il ne faut pas croire que vous êtes un des meilleurs auteurs au monde juste parce que votre mère a collé votre premier chapitre sur le frigo et en a parlé à toutes ses copines chez le coiffeur.

20. Ne «surrelisez» pas

C’est essentiel de revoir votre copie et d’effectuer des changements pendant votre phase de relecture mais ne le faites pas à outrance. Si vous avez passé des mois à vous prendre la tête avec une histoire et que vous n’êtes toujours pas satisfait il y a très peu de chances qu’en corrigeant quelques détails vous allez vous dire «Eureka!» et que tout d’un coup tout ira mieux. Ne déprimez pas, passez à autre chose et écrivez quelque chose de mieux !

The end

Bien, j’espère que ces conseils serviront à certains d’entre vous et tout ce que je peux me permettre d’ajouter est bonne chance avec votre écriture !

* The Booker Prize et Radio 4 en Anglais

Vous pouvez également regarder les explications de Robert, en anglais: http://www.youtube.com/watch?v=hNv0rZDtrbw

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