« Il fallait remobiliser la communauté des fans de CHERUB »

Depuis hier, un Discord de la communauté francophone de CHERUB a vu le jour, sous l’impulsion de The CHERUB District, du wiki CHERUB et du forum CHERUB Campus. Le serveur se veut le point central des fans de l’univers de Robert Muchamore, avec l’actualité en temps réel, des échanges et débats entre fans, des memes pour rire ensemble ainsi que des soirées événements. Je reviens pour la Tribune sur les raisons de sa création.

Histoire de doudou

Il y a t-il un âge pour arrêter d’aimer CHERUB ? À maintenant 21 ans, cette question ressurgit de temps à autre dans mon esprit, alors que désormais, je suis fan de l’univers depuis la moitié de mon existence. Surtout, l’interrogation va souvent de paire avec une autre : peut-on continuer à supporter quelque chose de terminé ? Grand penseur mais philosophe médiocre, il semblerait que je n’ai pas la réponse idoine. Autant il me semble normal d’aimer un acteur décédé (Louis de Funès pour ne citer que lui), autant on ne supporte plus un club de football après sa dissolution. Mais l’aspect enfantin de CHERUB vient encore plus brouiller les cartes, puisqu’une fois l’enfance et l’adolescence passées, les gens ont tendance à renier ou à oublier leurs passions (dé)passées, pour « grandir » et « mûrir ».

Heureusement, au-delà de ces réflexions, alors que nous sommes en mai 2020, j’ai toujours tendance à faire ce qu’il me plaît. Je reste ce sentimental qui trimballe sa peluche au fil des déménagements depuis deux décennies. On a passé des nuits fabuleuses à dormir ou à rester éveillés ensemble, pourquoi je la renierais ? Si cet hippopotame bleu fait figure de doudou d’enfance, CHERUB ressemble lui à un doudou d’adolescence, que je chéris pour ces moments de lecture passionnels mais aussi parce qu’il a été un moteur dans ma maturation à travers ce site et l’activité qui en a découlé.

TikTok et supermarchés

Depuis 2012, année à partir duquel j’ai commencé à être actif dans la communauté des fans avec le wiki CHERUB, j’ai rencontré et croisé des gens talentueux qui se sont aussi construits à travers la saga. Ils sont aujourd’hui acteur, développeur, militaire, danseur, agent littéraire, réalisateur ou en doctorat à Montréal, Londres, Berlin, Paris…
Se considèrent-ils encore comme fan de CHERUB ? Si non, à quel moment ont-ils lâché prise ? Si oui, comment cela se concrétise ? J’imagine qu’ils relisent les romans tous les 3-4 ans, découvrent étonnés l’existence d’une BD Chute Libre et que leur yeux scintillent dès qu’ils voient le logo de l’organisation dans le rayon livres d’un supermarché. Mais leur lien avec l’univers de Robert Muchamore s’arrête là.

Seulement, s’il y a des anciens, CHERUB perdure et se profile comme une saga quasi multi-générationnelle : il suffit de se rendre dans les commentaires des vidéos du Studio, sur YouTube, pour s’en rendre compte.

Extrait de la vidéo « LA MEILLEURE COUVERTURE ? (Débat #4)
Extrait de la vidéo « CHERUB EXISTE ? (L’Ultime Débat) »

De nouveaux fans de 12-13 ans apparaissent chaque année. Ils sont sur TikTok, écoutent Bigflo & Oli et ne connaissent pas Robert Muchamore sans barbe. Ils peuvent découvrir 100 jours en enfer lundi et finir Commando Adams dimanche. Ainsi, ils ne s’investissent pas autant que celui qui sortait du collège un jeudi soir et courrait à la librairie du coin parce que Vandales venait de sortir (c’est moi). Ces fans sont pourtant aussi légitimes que n’importe qui, et ils méritent de rencontrer d’autres admirateurs de la série, comme à la grande époque de CampusCherub.com et du forum CherubCampus.org. En tout cas, il y a aujourd’hui un monde vertigineux entre ses différents fans, et je pensais ces derniers mois que seule une série TV pouvaient les rassembler.

Confinement

Bientôt quatre ans que la dix-septième et dernière mission était parue, et je ne faisais que croiser les doigts en attendant que le projet se fasse. Plus de nouvelles vidéos sur le Studio, aucune nouveauté sur la Database, cinq articles en deux ans sur la Tribune : sans série TV, The CHERUB District se résignait à mourir de sa belle mort, quand ma plus grande action de l’année consistait à payer le domaine Internet du site. Et puis évidemment, il n’y a pas que CHERUB dans la vie, on a d’autres passions, d’autres passe-temps : lire Rock War et Killer T ne semblait plus une si grande priorité pour moi.

Sauf qu’il y a le confinement bien sûr, comment ne pas en parler. Plus d’un mois à s’occuper chez soi, (presque) sans travailler. Littéralement du temps à tuer. C’est donc au bout de 40 jours que j’en suis arrivé à checker les audiences du site, qui baisseraient logiquement depuis quelques mois, mais qui avaient connu un regain inattendu en avril.

En l’espace de 24 heures, voir ces chiffres et découvrir l’activité d’un Reddit anglais et du wiki français m’a reboosté : il fallait remobiliser la communauté des fans de CHERUB.

Bienvenue en 2020

Le problème, c’est qu’il y a un éparpillement des fans, entre ceux sur Twitter, ceux sur Facebook, d’autres sur le wiki, certains passent sur le forum, sans oublier The CHERUB District et notamment le Studio, et puis il y a un Reddit et Instagram. Comment réunir toutes ces communautés différentes en un même endroit ? Bon, je crée un faux suspense vu les premiers mots de cet article, mais c’est pour souligner qu’il y a eu réflexion. Ce serait tellement prévisible de se lancer dans un projet la tête la première juste parce qu’il y a le confinement.

Ainsi, avec la grande participation du wiki CHERUB et le soutien du forum Campus Cherub, nous avons lancé un Discord, cet outil multiforme à mi-chemin entre chat, forum et réseau social, taillé pour 2020. Surtout, c’est endroit simple et adapté pour tout type de fan. Son ambition est donc simple : tous se réunir dans un lieu commun, qu’on soit un fan de la première heure ou ce T-shirt rouge encore tout sourire de découvrir les aventures de James et sa bande.

Un tweet drôle de Robert Muchamore ? C’est sur le Discord. La Tribune vient de sortir un nouvel article ? C’est sur le serveur. Un meme qui parle de pelle et de Lauren Adams ? Discord. Le bot Norman Large qui s’énerve sur un fan ? Pareil. Le wiki recrute ? Vous le saurez aussi. Un fan-art à partager ? Vous savez où aller. Je pourrais écrire pendant encore longtemps comme ça, tant le Discord permet de réunir et de divertir des centaines et des centaines de fans, de jour comme de nuit.

Imaginez un lieu où l’on se retrouve le soir pour discuter et jouer ensemble, juste parce qu’on aime la même saga. Imaginez un RPG solide et durable permettant à chacun de devenir agent de CHERUB. Imaginez la somme d’individualités et de talents sur un même serveur. Vous reconnaîtrez qu’il y a matière à faire de grandes choses.

Alors, est-ce qu’il y a un âge pour arrêter d’aimer CHERUB ? Personnellement, oui je le pense. Parce que c’est la vie, parce qu’on trouve mieux. « Avec le temps va, tout s’en va  » non ?
Mais quand on aime toujours, qu’est-ce qu’on peut bien faire ? Beaucoup de questions, enfin une réponse.

« Robin Hood », le retour aux sources de Robert Muchamore

Après CHERUB (2004-2016), Henderson’s Boys (2009-2013), Rock War (2014-2017), Killer T (2018) et Artic Zoo (2019), Robert Muchamore se lance dès 2020 dans un nouveau projet : réadapter les aventures de Robin des Bois au XXIe siècle.

C’est avec surprise que l’écrivain anglais a communiqué ce mercredi la nouvelle, sur ses réseaux sociaux : « Excité de vous annoncer ma nouvelle série de livres, six ans après ! Dans les années 2020, Robin est en fuite après l’arrestation de son père par la police corrompue de Locksley ! Le premier livre, Hackings, Heists and Flaming Arrows paraîtra en avril 2020 ». Une première description simple, limpide, pour exposer un projet qui l’occupera pendant au moins quatre ans, puisque trois autres livres, en plus du premier, sont en préparation. « Loufoque », « surprenant », « ambitieux », « sans originalité », pour certains fans de CHERUB, les expressions ne manquent pour réagir à son annonce. Des interrogations légitimes, peut-être même renforcées après la lecture du synopsis du premier tome :

Printemps 2020. Après la fermeture de sa dernière usine automobile, la ville de Locksley est en chute libre. Les écoles et les hôpitaux tombent en ruine, les maisons abandonnées sont détruites par des vandales alors que la police est contrôlée par Guy Gisborne, le gangster local.

Alors que le père de Robin Hood s’oppose à la corruption, il est déclaré coupable de vol et jeté en prison. Désormais livré à lui-même, Robin, 12 ans, doit se cacher. Un seul endroit : la forêt de Sherwood. Un territoire dangereux, qui s’étend sur des centaines de kilomètres, du lac Victoria au Delta oriental, où se confondent ours, serpents, bandits, terroristes, sectaires et bikers fous.

Pour venger son père, Robin devra d’abord apprendre à survivre en forêt.

Après deux excursions dans la littérature post-teenagers avec Killer T (désormais prévu pour juillet en France) et Artic Zoo, sa prochaine sortie anglaise, Robert Muchamore revient donc aux origines en proposant une série pour jeunes ados. « J’ai toujours pris plaisir à écrire des romans de notre époque, ancrés dans notre réalité, explique t-il. Ma version de Robin des Bois est moderne et réaliste, à l’instar des groupes de Rock War ou des agents de CHERUB« .

Le projet marque aussi le prolongement de sa collaboration avec Hot Key Books, son nouvel éditeur depuis 2018 et Killer T. Un choix évident pour Felicity Alexander, l’éditrice qui a négocié les droits de la série pour Hot Key : « Il n’y a personne de mieux placé que Robert pour écrire des livres qui transforment des enfants en lecteurs. Et maintenant, avec Robin Hood, il a créé un autre vainqueur parfait : un légendaire héros britannique réinventé dans les années 2020, avec un casting de personnages comme Marion Maid, Freya Tuck, Little John et Will Scarlock. Robin et ses amis n’ont jamais été aussi impertinents (et aussi pertinents) » développe t-elle pour The Bookseller.

Une communication exemplaire qui vise à faire du Robin Hood de Hot Key un succès populaire comme le CHERUB de Hachette Children’s Books. Car la question va éternellement se poser à Robert Muchamore : est-il capable de reproduire une saga à 15M d’exemplaires vendus à travers le monde ? Le Londonien a en tout cas décidé de reprendre ses ingrédients fétiches, déjà présents dans CHERUB, Henderson’s Boys et Rock War : des jeunes personnages confrontés à eux-mêmes, une destinée hors du commun, une impertinence moderne, une franche réalité pour mieux se rapprocher de ses lecteurs. Bref, Robert fait du Muchamore. Une recette pas toujours gagnante, comme le démontre les ventes de Rock War en Angleterre (et par conséquent ses quelques traductions étrangères).

Muchamore ou pas, le projet intrigue : comment être original tout en ne dénaturant pas l’oeuvre moyenâgeuse ? Si le décalage créé par l’âge de ce Robin est évident, le risque d’écueil reste assez élevé tant le personnage de Robin des Bois (ou Robin Hood) est commun. Entre les 20 films réalisés depuis un siècle (interprété par Sinatra, Connery, Costner, Crow ou Egerton), les adaptations télévisuelles (Arrow et Once Upon A Time en tête), les nombreux écrits (comme la saga d’Augus Donald), l’inévitable adaptation de Disney : tout le monde connaît un Robin. Il est l’un de ces personnages populaires et invariablement adaptés, comme le roi Arthur ou Sherlock Holmes. Si ce constat peut être une force de vente, il renforce les doutes et multiplient les questions.

On en oublierait presque que cette future saga est destinée à des enfants nés vers 2007, quand le premier CHERUB sortait en France ! Si Killer T et Artic Zoo sont clairement destinés aux vieux fans de James Adams, Robin Hood, lui, doit satisfaire une nouvelle génération, encore plus connectée, pas moins violente et toujours à la recherche de nouvelles expériences. Peut-être que le véritable enjeu de Robert Muchamore est là. Si CHERUB a principalement plu à la génération 1990-2000, Robin Hood devra d’abord satisfaire la génération 2005-2010.

Malgré tout, l’auteur britannique semble suivre le bon train. Alors que le célèbre Marvel Cinematic Universe (MCU pour les intimes) a débuté en 2008 avec Iron Man et regroupe dans un même univers Captain America, Spiderman ou encore Black Panther, Robert Muchamore crée petit à petit son propre univers. On savait déjà que CHERUB, Henderson’s Boys et Rock War étaient directement liés par des personnages comme Terence McAfferty et Norman Large. Avec la présence annoncée du Brigands M.C, acteurs des tomes 11 et 12 de CHERUB, dans Robin Hood, la route pour un immense crossover semble se dégager. La solution ultime pour plaire à toutes les générations ?

Avant ça, attendons d’abord Hackings, Heists and Flaming Arrows, le premier d’une saga d’au moins quatre tomes qui, si tout se passe bien, devrait être édité en France par Casterman. Le groupe d’édition belge a ainsi pris le risque d’acheter les droits de Killer T, un livre pas forcément destiné à sa tranche d’âge habituelle (3-15 ans), et semble assumer son label Muchamore. Elle devrait logiquement se tourner vers Hot Key pour les droits français, belge et suisse, même si le conditionnel reste de mise.

L’annonce de Robin Hood offre donc bien des interrogations tant littéraires, éditrices que générationnelles, à l’instar d’un long projet de série TV CHERUB débuté il y a deux ans. Dans les deux cas, les réponses ne viendront qu’avec le temps. Wait and see.

Robin Hood : Hacking Heists & Flaming Arrows. 2 avril 2020 (prévu en France en 2021)

Robin Hood : Piracy, Paintballs & Zebras (sortie originale prévue pour janvier 2021)

EXCLU – Killer T sortira en français !

C’est LA bonne nouvelle de l’été. Alors que le nouveau défi de Robert Muchamore sort aujourd’hui Outre-Manche, la France sera le premier pays non-anglophone à pouvoir lire les aventures de Harry et Charlie.

Le nouvel ère de Robert Muchamore…

Après le franc succès de l’univers CHERUB (2004-2016) et les ventes mitigées de Rock War (2014-2017), c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre officiellement aujourd’hui dans la carrière littéraire de Robert Muchamore. Alors que ses livres s’adressaient auparavant aux teenagers (12-18 ans), le Londonien s’offre un nouveau virage avec Killer T, roman ouvertement écrit pour les 17-25 ans.

Nouveau public mais aussi nouvel éditeur puisqu’après 28 livres chez Hachette Children’s Books, Killer T est édité par Hot Keys Books, un label plus indépendant qui a su convaincre Robert Muchamore ainsi que Clare Pearson, son agent de longue date, alors que l’auteur britannique voulait un nouveau challenge lui permettant d’écrire quelque chose de différent.

Une mission semble-t-il déjà réussie à la lecture du synopsis :

Harry et Charlie sont deux adolescents dont la vie est façonnée par une société qui évolue autour d’eux.

Lui, est un anglais solitaire étudiant dans un lycée de Las Vegas.
Elle, une amie improbable, accusée d’avoir mélangé un lot d’explosifs.

Tous les deux vont se réunir à une époque où la technologie de correction de gènes commence à exploser. Dans de mauvaises mains, la correction bon marché de séquence génomique peut devenir l’arme la plus meurtrière de l’histoire. Face à ce constat, des terroristes ont créé Killer T, un virus synthétique dont le taux de mortalité atteint les 90%, et réclament un milliard de dollars pour libérer son vaccin…

S’étendant sur dix ans et posant des questions profondes et souvent terrifiantes, KILLER T est une histoire d’amour non sentimentale, un récit de la résilience humaine et surtout un roman de notre temps.

…mais une continuité française 

La couverture anglaise de Killer T

Malgré ce contexte, sans même attendre les premiers chiffres de ventes, les droits de Killer T ont déjà été vendus pour le public français, suisse et belge, et ce à un acteur bien connu. En effet, c’est une exclu The CHERUB District, Casterman poursuit l’aventure Muchamore et publiera Killer T seulement cinq mois après sa parution originale, mi-janvier 2019. Un choix dans la continuité mais malgré tout surprenant quand on sait que Casterman est divisé en deux branches : la bande dessinée et les livres jeunesse. Cette deuxième partie est même séparée en plusieurs collections touchant les 0-3 ans, les 3-6 ans, les 6-9 ans, les 9-13 ans et les 13 ans et plus, comme on peut le voir sur leur site web. Quid de Killer T ? Concerne t-elle vraiment les 13-14 ans ? Rien n’est moins sûr.

Pour autant, l’éditeur de Tintin ou Martine amortit sa décision en faisant le choix de publier le roman directement en version poche, à 6.95€. Si c’est une bonne nouvelle pour notre portefeuille, ce parti-pris indique le faible risque pris par Casterman en matière de rentabilité : peu d’ambition pour un faible tirage destiné aux nostalgiques de CHERUB. Logique, alors qu’aucune suite à Killer T n’est prévue.

D’ailleurs, Robert Muchamore a d’ores et déjà annoncé écrire une nouvelle histoire unique, publiée par Hot Keys Books en 2019. Son titre, Arctic Zoo, n’est pas encore officiel. Cette annonce est significative de la nouvelle stratégie du britannique : si le rythme de publication reste le même depuis 2015 (un livre par an), l’intérêt qualitatif passe désormais devant l’intérêt financier. Un choix que subit par ricochet Casterman.

Néanmoins, on ne peut que se réjouir de la réactivité de l’éditeur belge. Il semblerait que l’actualité française de CHERUB et de son auteur ait encore de beaux jours devant elle. Et on ne va pas s’en plaindre.

L’édito du printemps #8 : La BD Arizona Max

L’année dernière, pour la publication de Trafic en BD, j’avais écrit sa critique quelques instants après ma lecture, afin de publier l’article le jour de la sortie officielle. Douze mois plus tard, la problématique n’est plus la même. Il n’est plus question de savoir si ces adaptions de CHERUB valent le coup. Elles les valent. Il n’est plus question de savoir si le duo Combet-Payen a su appréhender l’univers CHERUB. Comme je l’ai dit dans cette vidéo, il l’a fait.

Non, deux semaines après la sortie d’Arizona Max en bande dessinée, une lecture puis une relecture attentives plus loin, je me suis posé cette lourde question : une adaptation peut-elle mieux faire que l’original ?

C’est vrai, je l’avoue, cette question est peut-être (probablement) trop ambitieuse pour cette adaptation. Elle sera sûrement plus adéquate lorsque la série CHERUB sera sur tous vos écrans. Mais essayons !

Je sais que c’est pas vrai mais j’ai dix ans

Après avoir relu (et remarqué les fautes d’orthographe de) ma critique sur la BD Trafic, j’ai envie de dire bis repetita ! On retrouve les mêmes points forts.

Les sublimes couleurs sont une nouvelle fois au rendez-vous. Je pense à la scène de l’évasion où David Combet nous fait véritablement voir de toutes les couleurs. C’est encore une fois l’une des forces de l’adaptation. On peut souligner une progression du dessinateur sur les décors extérieurs : que ce soit Los Angeles, la maison des Little ou l’Alaska. Il y a également ces deux planches parfaites teintées d’orange où sont expliquées le fonctionnement de la prison d’Arizona Max.

Cependant, il y a un détail que j’avais remarqué l’année dernière est qui m’a encore frappé cette fois-ci, ce sont les dessins de personnages. J’ai un peu l’impression qu’ils se ressemblent tous. Il y a notamment ce moment à la page 20, où, si James ne précise pas qui est qui, j’aurais été incapable de différencier Kyle de Bruce. Je trouve qu’il n’y a pas ce soucis du détail comme il peut y avoir pour les décors extérieurs, alors qu’un grain de beauté, qu’une subtile tâche de naissance ou n’importe quelle autre caractéristique permettrait de faire la différence. Tous les personnages importants ne devraient-ils pas être uniques ?

Quand je vois Amy, 16 ans dans Trafic, et Lauren, 10 ans dans Arizona Max, je me dis : « Où sont passés les six ans de différence ? ». La fille sur la couverture est censé avoir 10 ans !

L’avantage d’un roman, c’est qu’avec son imagination, on se peut se créer sa propre vision d’une histoire (décors, personnages, perception). L’avantage d’une adaptation BD, quand on n’a pas d’imagination, c’est que le travail est pré-mâché. Mais si les personnages se ressemblent un peu tous, je me met à la place du fan de 12, 13 ans, la lecture peut-être moins agréable. Je ne vais pas changer le style de dessin de David Combet. Ce sentiment de ressemblance m’est déjà arrivé avec les travaux de Philippe Francq (même si Largo Winch n’est pas destiné au même public). En tout cas, l’adaptation doit donner toutes les clés pour comprendre l’histoire originelle (et donc les personnages). Cette affaire de déjà-vu est donc dommage.

J’ai vraiment développé les incohérences de dessins mais il ne faut pas que cela déforme mon opinion. Dans l’ensemble, si les dessins de Trafic étaient bons, ceux d’Arizona Max sont encore meilleurs !

See on both sides like Chanel

Si dans la bande dessinée Trafic on pouvait retrouver des ordinateurs Dell, Ralph Wiggum ou encore Jack Torrance, la cuvée 2018 est encore plus riche. Pêle-mêle, on peut retrouver la présence de marque comme Apple, Adidas (Gabrielle represents), Mercedes, Nokia, Duff, Fila, Jack Daniel’s ou encore l’indémodable Coca Cola. Niveau culturel, j’ai remarqué la référence à l’une des chansons des Cure, Boys Don’t Cry dont le titre est tagué deux fois dans l’album.

Notifions également le clin d’oeil à James Dean dans une affiche chez les Little. Enfin, on peut aussi deviner la playlist de David Combet grâce à cet anachronisme sur Chanel de Frank Ocean. Bref, l’album est vivant, et ça c’est cool.

L’affaire Janet Byrne 

Venons-en maintenant au travail de Baptiste Payen, qui était chargé de condenser un avant-propos, trente-trois chapitres et un épilogue en 121 planches. Il faudrait sûrement relire la mission en entière pour se rendre compte du résultat. Son rôle était de retranscrire l’histoire de Robert Muchamore. Est-ce qu’on comprend l’histoire ? Oui : mission accomplie. On peut notamment parler de cette idée géniale présente à la page 103 de représenter les deux semaines des ex-fugitifs chez les Little à travers les dessins de Curtis Oxford.

Pour Trafic, je reprochais à Baptiste Payen d’avoir zappé une scène qui semblait importante dans la compréhension du personnage de Nicole Eddison. Et bien cette fois-ci, je dois dire que c’est justement en essayant de montrer la personnalité de Dave Moss qu’il y a une case plutôt difficile à comprendre dans l’immédiat, à la page 49. Il s’agit du moment où Dave explique une sombre histoire de femme enceinte. Si la scène me paraissait utile, la réalisation n’était pas la hauteur. Mais je chipote…

Conclusion

En tout cas, si vous attendiez de moi que je dise du mal de la BD Arizona Max, c’est raté. L’adaptation me semble parfaite. Je ne voudrais surtout pas être ce genre de fan qui dit à la sortie du cinéma « Dans les comics, c’est mieux ! » (même si Civil War, bon…). C’est pourquoi je dis que c’est parfait. Pour une adaptation dessinée. Et plus ce sera parfait, plus je chipoterais sur des détails.

Terminons maintenant sur la problématique initiale. Je pense que 100 jours en enfer, Trafic et Arizona Max sont si géniaux que ni Aggs, ni Edginton, ni Payen ou Combet ne pouvaient faire mieux que Muchamore. Pas avec une adaptation dessinée. Il n’y a à mes yeux aucune marge de manoeuvre pour pouvoir le surpasser. On peut dans le meilleur cas se rapprocher de l’écrivain comme le font Combet et Payen, mais pas plus. Donc évidemment qu’entre les livres ou les BD je choisirais les yeux fermés l’option n°1. Malgré tout, je pense que ces deux dernières adaptations complètent le travail de Muchamore et permettent d’abord de faire découvrir la saga à d’autres, mais aussi d’avoir une nouvelle vision des missions. Maintenant, concernant une adaptation sur petit écran, là c’est différent. Il y a beaucoup plus de manoeuvre pour égaler et surpasser l’auteur de CHERUB.

Pour conclure, même si j’ai développé quelques défauts, ça me semble difficile pour Baptiste Payen et David Combet de faire mieux dans une hypothétique BD sur Chute Libre. Je ne sais pas pour combien d’albums le duo a signé ni même si les ventes sont satisfaisantes pour Casterman. On peut d’ailleurs noter que Hachette UK a décidé de ne pas traduire ce 3e opus en anglais. Mais en tant que fan, je préférerais avoir une BD sur les Henderson’s Boys que sur la 4e mission. À bon entendeur…

La couverture de Killer T dévoilée !

À six mois de sa sortie, la promotion de Killer T, le nouveau projet de Robert Muchamore, a officiellement été lancée !

Alors qu’un site web est actuellement dans les tuyaux, l’écrivain anglais et son nouvel éditeur Hot Keys Books ont dévoilé ce vendredi la cover du roman, avec le #KillerTBook.

Cette dernière fut réalisée par Chris Malbon. Basé à Bristol, ce designer et illustrateur britannique a travaillé dans de nombreuses campagnes de promotions, comme avec Coca-Cola ou Nike pour ne citer qu’eux. On peut également le retrouver sur Instagram, où il a dernièrement montré sa passion pour Black Panther ou Blade Runner 2049. Bref, une personne de bon goût.

Si le livre, qui contiendra 418 pages dans sa version originale, sortira en Grande-Bretagne le 6 septembre prochain, aucune information concernant une possible traduction français ne nous ai parvenu. Vous pouvez d’ailleurs retrouver tous les détails sur l’histoire, les personnages, le style de Killer T dans cet article paru en octobre dernier, lors de l’annonce de sa sortie. On se laisse donc avec la couverture du roman, à très bientôt sur la Tribune !