Interview d’Antoine Pinchot

Voici une interview d’Antoine Pinchot, traducteur des livres CHERUB, réalisée par le Forum du Campus CHERUB. Découvrez l’interview d’un homme simple avec l’esprit jeune, qui nous prépare quelques surprises, enfin bref, lisez :

Antoine, ce métier de traducteur, avez vous toujours voulu le faire ? Comme cela c’est passé ?
Disons que j’ai un peu cherché ma voie. J’ai travaillé quelques années dans l’édition, comme correcteur et rewriter notamment, et je suis devenu traducteur pour de bon un peu par hasard, il y a environ six ans.
Mon éditeur de l’époque : — La dernière trad’ que nous avons reçue est nulle, archi nulle. Il faut tout réécrire.
Moi : — À vos ordres, chef.
Lui : — Mais au fait, j’y pense, tu ne parlerais pas anglais, des fois ?
Moi : — Euh… si, si, pas trop mal.
Lui : — Finalement, il serait plus simple que tu traduises les bouquins toi-même, et ça me permettrait des faire des économies .**sourire maléfique et avaricieux**
Moi : — Ben je veux bien essayer. **sueurs froides et boule au ventre**
Lui : — Oui, voilà. Faisons un essai. Non payé, cela va sans dire.

Et voilà, finalement, c’était exactement mon truc !

Comment travaillez-vous au fil des journées ?
Je travaille chez moi, assis à mon bureau, étalé sur le canapé, ou debout, le Mac posé sur le plan de travail de la cuisine… et tout en écoutant la radio. Pas besoin de se lever tôt, ni même de s’habiller, la belle vie quoi.

Comme je connais bien la série, les règles de CHERUB, le campus et les personnages, je peux m’offrir le luxe de ne pas lire les épisodes avant de passer à l’action. Depuis Arizona Max, je découvre l’histoire au fil de la traduction. Ça rend le travail très agréable, et plein de surprises.

Quel effet cela vous fait-il d’être le premier français (sans compter les franglish) à lire les tomes ?
C’est un peu comme posséder le dernier iPhone ou la dernière console de salon : on se sent bêtement supérieur à ceux qui ne possèdent que les versions précédentes mais heureusement, ça ne dure pas très longtemps. Le plus amusant, c’est de voir les forumistes lancer de grandes théories fumeuses sur la vie sentimentale de James Adams.

Mise à part CHERUB, traduisez-vous d’autres livres ?
Je traduis PLEIN d’autres romans, exclusivement pour Casterman, notamment la série Harold et les dragons, de Cressida Cowell, dont Dreamworks a tiré le film d’animation Dragons 3D. Des bouquins souvent éloignés de l’univers CHERUB, mais que du bon, magnifiquement traduit. Oh, damned, mes chevilles viennent d’exploser….

Les fans ont pu s’apercevoir que la traduction des deux premiers tomes HB n’était pas de vous, pourquoi cela ?
Des histoires d’emploi du temps assez compliquées… Mais j’ai un scoop : je reprends la série à partir du troisième tome, et je travaille actuellement sur la traduction de Secret Army. On y assiste à l’arrivée de deux petits nouveaux au campus tel qu’il était pendant la guerre. Au programme des recrues, entraînement, parachutisme et mission à haut risque. Une sorte de 100 jours en enfer, 70 ans plus tôt. J’adore.

Quel série préférez-vous ? Henderson’s Boys ou CHERUB ?
Je pense que la question ne se pose pas en ces termes. Les deux séries formeront un tout, une fois bouclées, et l’une n’ira pas sans l’autre. De plus, je me suis longtemps intéressé à la Seconde Guerre mondiale, alors je prends beaucoup de plaisir à traduire HB. Pour le moment, j’ai davantage d’attachement sentimental pour CHERUB, forcément, car j’ai le sentiment que c’est un tout petit peu mon bébé, à moi aussi. (Symboliquement, qu’on ne se méprenne pas !)

Un film CHERUB, vous seriez pour ou contre ?
Je suis assez partagé. Je serais ravi de voir une adaptation fidèle, mais je doute que ce soit le cas. L’adaptation de Harold et les dragons, bien qu’efficace, m’a légèrement refroidi, car elle était très éloignée du roman original. Au fond, quand on travaille longtemps sur une histoire, un cadre et des personnages, on finit par y croire, d’une certaine façon. Du coup, tout nuance fait l’effet d’une énorme trahison.

Quel est votre tome préfère ? Pourquoi ?
100 jours en enfer. C’était fascinant de découvrir le campus, ses règles et ses principaux résidents. De mon point de vue, les chapitres consacrés aux tests préliminaires sont les meilleurs de la série. Ah, le sang de poulet, les cours de natation, tout une époque…

Quel est votre perso préféré ? Pourquoi ?
Zara Asker ! Question de génération, sans doute. Il en faut, des qualités, pour garder la tête froide au milieu d’une bande d’ados et de gamins aussi diaboliques. Et forcément, comme elle me plaît bien, je déteste son crétin de mari.
Sinon parmi les agents, j’adore Lauren. Plus mûre que son frère. Moins d’hormones en folie. Solide, courageuse, un rien sournoise tout de même, sans quoi ce ne serait pas drôle.

Si par exemple vous n’aviez plus à traduire les tomes mais que la saga n’était pas terminé, sauteriez vous sur les tomes à la façon des fans ?
Si la série se poursuivait sans moi, je pense que je prendrais quelques personnes en otage pour exiger qu’on m’en confie de nouveau la traduction.

Votre fille lit-elle CHERUB ?

À huit ans, elle est encore un peu jeune. En revanche, elle connaît l’existence de l’organisation. Évidemment, je ne lui ai pas précisé que seuls les orphelins pouvaient en faire partie, car j’ai trop peur qu’elle ne me pousse dans l’escalier.

Pour terminer, dites nous en un peu plus sur vous :

À part ça, j’ai une fille de huit ans qui porte volontiers le T-shirt rouge ; je n’assume pas mon âge ; je ne suis pas sérieux ; je suis passionné par mon métier ; j’adore l’Angleterre où je séjourne aussi souvent que possible ; je chante et je joue de la guitare dans un groupe de brit-pop, et quand je serai grand, je serai une rock-star ; et pour conclure, j’ai marché sur mes lunettes au cours de cette interview !