Interview RM pour « Le Matin »

Le magasine suisse « Le Matin » a réalisé une interview de Robert Muchamore où il parle de ses inspirations pour écrire ses séries de livre. Rappelons que le magasine avait déjà interviewé Robert il y a un plus d’an de cela. Lisez donc la nouvelle interview de Robert :

Suivre les traces, le temps d’un bouquin, d’un enfant agent ultrasecret… quel pied ! Missions périlleuses, démantèlements de trafics en tous genres, et surtout identité top secrète… C’est le cocktail que propose le Britannique Robert Muchamore depuis six ans, dont les teenagers du monde entier dévorent chaque épisode.Cette année, l’auteur a remonté le temps, en 1939, aux sources de l’organisation Cherub avec sa nouvelle série: «Henderson’s Boys». L’occasion de faire connaissance avec le personnage de Charles Henderson qui a, le premier, imaginé que des ados orphelins pourraient être des agents secrets redoutables… L’ancien détective privé de 39 ans nous éclaire sur ses sources d’inspiration.

Votre dernier épisode de «Cherub», «Vandales», parle d’un gang de motards. Pourquoi ce choix ?
Au tout début de la série, j’avais préparé une liste de situations possibles pour Cherub. Je devais trouver des endroits réalistes où les enfants pouvaient être infiltrés. Et je trouvais que les gangs de motards étaient intéressants, car les familles sont généralement très impliquées. Mais j’ai préféré placer cette histoire assez loin dans la série, quand le personnage principal, James, est plus âgé et est capable de conduire une moto.

L’histoire commence par une scène de tuerie familiale effroyable… Où placez-vous vos limites?
En Angleterre, nous avons un feuilleton télé, «EastEnders», qui parle de drames domestiques. Ça a été, à un moment donné, l’un des programmes les plus regardés par les adolescents, dans mon pays. Je me suis dit que je ne publierais rien dans mes livres qui ne pourrait être diffusé dans «EastEnders». Parfois, pour chercher les limites, j’exagère, et j’attends la réaction de mon éditeur. Lui, généralement, voudra que j’adoucisse le texte. C’est comme Oliver Stone, quand il a réalisé «Tueurs nés», il a intégré des scènes plus trash, tout en sachant que la censure américaine passerait par là…

Avez-vous les mêmes démarches de documentation pour «Cherub» que pour «Henderson’s Boys» ?
La manière de me documenter varie. Pour «Cherub», mes points de départ se trouvent souvent dans une coupure de presse. Je trouve aussi des idées par Internet, bien sûr… Après, tout dépend de l’histoire. Pour un passage de «Henderson’s Boys», je cherchais des informations sur les voitures de police New-Yorkaises des années 1930. Je voulais savoir si elles étaient équipées de radios pour appeler le poste central. Ça m’a pris un temps incroyable pour trouver l’info. Finalement, je l’ai pêchée au musée de la police New-Yorkaise ! La dame qui m’aidait était morte de rire. Et finalement, on a trouvé que oui, elles étaient équipées de radios… Parfois, je me rends compte que j’ai fait un énorme anachronisme !

Pour «Henderson’s boys», les démarches sont plus historiques…
Oui, et j’aime beaucoup ça ! Il faut sans arrêt se plonger dans des revues historiques… Par exemple, dans un cottage français de 1942, y avait-il de l’électricité? Existait-il des prises? Ce sont des exemples de détails parfois nécessaires à l’histoire…

Quand avez-vous eu l’idée de revenir aux sources de Cherub ?

Dans le premier tome, il y a un passage qui parle de Charles Henderson. Au bout d’un moment, quand la série «Cherub» était bien lancée, je me suis demandé si je pouvais aborder une autre époque, et j’ai imaginé comment Cherub avait pu commencer. Cela a donné naissance à cette série «Henderson’s Boys», qui comptera sept volumes. Le dernier se situera lors de la libération de Paris en juin 1944.