Seventeen #11 (et le dernier): La critique du livre (no spoiler)

Seventeen, c’est quoi ? Il s’agit d’une série consacrée exclusivement au dernier tome de la saga CHERUB. Chaque mois vous retrouverez une exclusivité, un décryptage, une interview, un débat, une actualité sur New Guard. Commencée en janvier 2016, elle se poursuivra jusqu’à la publication française du roman, en novembre prochain.

Après dix numéros en dix mois, voici comme annoncé le onzième et dernier article de Seventeen. Alors que le livre sort aujourd’hui, je vous propose deux critiques: la première plus synthétique et sans spoiler, et une deuxième qui revient sur des détails complètement spoileurs.

novembre

On commence avec la critique sans spoiler.

Le meilleur roman de la saison 2

C’est drôle de parler une dernière fois de Commando Adams, alors que j’ai rédigé une vingtaine d’articles (certains ratés, d’autres réussis) à son sujet. Ces derniers mois, cela ne vous a sans doute pas échappé, je n’ai pas hésité à critiquer la stratégie littéraire de Robert Muchamore, qui a tendance à favoriser l’attrait financier, pour le dire respectueusement. J’ai moi-même dit que CHERUB devait s’arrêter avec ce 17e tome (cf cet article).

Puis j’ai lu le roman en quatre heures et entre deux paquets de chips, j’ai posé le livre et je me suis dis mentalement « Putain, j’ai pas envie que ça s’arrête ». À ce moment-là, j’étais en pleine euphorie littéraire si caractéristique du style Muchamore. Je me trouvais en plein cœur de l’histoire et il y avait le meilleur casting de la saga (James, Lauren, Kyle, Kerry, Bruce, Ryan, Ning: les meilleurs quoi !). Dans cet état qui était le mien, tu aurais voulu que le roman ne se termine jamais. Et c’est là qu’on voit la différence avec les autres histoires de la saison 2 (à partir du tome 13), presque banales et sans grand intérêt. J’ai retrouvé ce sentiment complexe, mêlant bien-être et sérénité, que j’avais déjà ressenti en lisant la saison 1.

En écrivant ces lignes, une petite conclusion me saute aux yeux: ce roman ne fait pas partie de la saison 2. Tu peux facilement passer de La Vague Fantôme à Commando Adams sans grand problème, une fois que tu as intégré le fait que James a grandi et qu’il est devenu contrôleur mission. À l’inverse, passer de Chute Libre à Crash pourrait poser pas mal de problème de compréhension, notamment dans l’évolution des personnages. Ainsi, à travers sa qualité et ses personnages, Commando Adams montre que la trilogie Aramov était inutile. Donc ne vous fier pas aux dernières missions: si vous avez adoré la saison 1, vous aimerez cette ultime mission.

Maintenant, pour comprendre les lignes suivantes, vous devez avoir lu le livre. Donc SPOILER !

Quelques défauts qui ne gâche rien (et heureusement)

La première partie du livre, centré sur le piège mise en place par les (faux) jumeaux Sharma pour piéger Nigel, un pédophile anglais, pas plutôt perturbé. Ce n’est pas le fait de parler d’un sujet plutôt tabou, à savoir la pédophilie et la pédopornographie, qui me gêne, c’est même plutôt louable de la part de l’écrivain britannique, mais je ne suis toujours pas persuadé de la pertinence du sujet dans le scénario. J’avais l’impression que Robert Muchamore en a parlé juste pour en parler, sans véritable profit pour la trame. Les thèmes du massacre animalier ou l’existence d’influence sectaire présent dans Sang pour Sang et dans Les Survivants étaient pertinents dans le sens où c’était la morale centrale de l’histoire principale. Ici, la morale de cette partie (qu’on peut traduire par: « la pédophilie, c’est mal », « les pédophiles sont d’énormes salauds » et « ne pas hésiter à se confier si tu en es la victime ») passe difficilement avec le reste du roman, qui parle de nostalgie avec la destruction des anciens bâtiments et de terrorisme avec la mission. Je me répète, l’attention était louable mais plutôt maladroite. C’était le seul défaut qui m’a vraiment gêné.

Une fois la première partie passée, je dois avouer que je me suis bien marrer à de multiples passages, notamment avec le passage sur Game of Thrones ou la blague sur la Palestine. On peut aussi noter que Robert Muchamore n’est toujours pas has been, les apparitions de FIFA 16 ou de Limite Limite en sont la preuve.

Venons-en maintenant à la conclusion finale du roman. C’était bof, non ? Les gentils ont gagné, les méchants ont perdu ! Les gentils ont même sauvé une enfant des griffes des méchants ! C’est un peu caricatural mais en gros, c’est ça. Quand tu te dis que dans Game of Thrones et The Walking Dead, il y a des morts à la pelle (même dans Star Wars 7, ils tuent un personnage central !), cette fin est complètement à contre-temps avec la tendance actuelle. Et je trouve même ça dommage. À quelques chapitres de la fin, je me suis dis que Bruce allait mourir. Je trouvais qu’ils avaient beaucoup parlé de la Thaïlande, et de voir Ning en pleurs à la fin aurait donné une fin bien badass. Et j’étais même plutôt excité à cette idée. Mais nan. Tout est bien qui finit bien. Dommage.

Lire Commando Adams était malgré tout quatre heures de pur bonheur même si le titre est bidon, même si la couverture est moyenne, même si ce livre aurait dû être écrit il y a 5 ans. La meilleure saga de ces dix dernières années (parce que j’ai trouvé le dernier Hunger Game bidon) ne pouvait pas se terminer sur une histoire moyenne. La boucle est bouclée.